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Du début du XXe siècle, Ernest Shackleton nous donne une sacrée leçon de leadership !


12 août 2015 By lpot Laisser un commentaire (English version at bottom)

1914 – 1916 : Ernest Shackleton et son équipage vivront une incroyable épopée. Partis pour traverser l’Antarctiqu

e et rallier le pôle Sud, ils seront pris dans les glaces et vivront presque deux ans dans des conditions extrêmes. Le courage et la détermination de ces hommes, et plus particulièrement de leur capitaine, leur permettront de rentrer chez eux sains et saufs. Dans le monde actuel aux nombreuses turbulences, à la fois financières, économiques, politiques et sociales, où le changement et la transformation deviennent la norme, Ernest Shackleton apparaît comme un modèle de leadership.

« Les vrais leaders aident les autres à voir au-delà d’eux-mêmes et à se dépasser ». A dépasser leurs peurs, leurs blocages. A dépasser leur zone de confort. A tendre vers un objectif ou une direction qui les motive, les réunit, les anime, leur donne de l’énergie. A leur faire prendre conscience des moyens qui sont à leur portée. « Les vrais leaders s’adaptent ». Ils savent se réinventer et réinventer leur mission, leurs objectifs quand ils n’ont pas d’autres choix.

A ce titre, Shackleton est un leader exemplaire…

En Août 1914, Shackleton et son équipage prennent la mer à bord de l’Endurance pour une aventure extraordinaire : traverser l’Antarctique et rallier le pôle Sud. Mais arrivés aux abords du continent, plus rien ne se passe comme prévu : leur bateau est rapidement prisonnier de la banquise. Shakleton réalise alors que ses hommes devront surmonter les rigueurs de l’hiver polaire dans les quartiers exigus de l’Endurance.

L’inactivité, l’ennui et le désespoir sont les vrais ennemis. Bien plus que la glace et le froid. Shakleton l’a bien compris. Il organise strictement les tâches quotidiennes de ses hommes pour qu’ils restent occupés : nettoyage des ponts, études du terrain, chasse des phoques et pingouins pour lutter contre le scorbut. Il insiste pour que les hommes discutent, échangent, partagent pour s’entraider et se réconforter.

Il arrive ainsi à conserver un rythme et un espoir dans cet environnement où la lassitude et la peur guettent.

Les jours deviennent des semaines et les semaines des mois. En juin 1915, au plus dur de l’hiver, le bateau montre des signes inquiétants de faiblesse sous la pression de la glace et quelques mois plus tard l’eau commence à envahir le navire. Shackleton ordonne alors à ses hommes d’abandonner le navire et de bâtir un camp de fortune sur la banquise. Peu de temps après, l’Endurance est broyé et coule.

Le lendemain, Shackleton annonce leur nouvel objectif : « il est temps de rentrer à la maison ». Il écrira dans son journal « Un homme doit s’adapter à son nouveau but dès lors que l’ancien disparaît. Je prie Dieu de pouvoir ramener tout le monde à la civilisation. »

Shackleton réalise qu’il doit « incarner » la nouvelle mission. Pas seulement dans ses mots et ses actes, mais aussi dans son attitude et dans l’énergie qu’il dégage. Ce n’est pas seulement montrer l’exemple : c’est aussi donner à ses hommes la capacité de croire en cette nouvelle mission, de croire en son résultat. Il sait que ce sont son propre courage, sa propre confiance qui insufflent leurs équivalents chez ses hommes, leur permettent de toujours regarder en avant.

Et tout aussi important, il improvise : il adapte et utilise toutes les ressources autour de lui pour avancer pas à pas, quelle que soit la longueur du pas réalisé.

En Avril 1916, la glace commence enfin à se briser. Shackleton ordonne alors à ses hommes de prendre les canots de sauvetage dans l’espoir d’atteindre la terre le long de la pointe de la péninsule Antarctique. Après une semaine de mer déchaînée, ils arrivent à l’île déserte de l’Elephant. Ils sont épuisés, malades et déshydratés, mais « heureux comme des gosses » comme l’écrit alors un scientifique dans son journal : ils n’ont pas posé le pied sur la terre ferme depuis le 5 décembre 1914.

Mais Shackleton ne veut pas traîner. Avec cinq autres hommes, il réussit à retourner sur l’île South Georgia grâce à une petite embarcation. Il traverse ensuite l’île à pied dans des conditions extrêmes et rallie la station de pêche pour obtenir de l’aide. Il se met aussitôt à la recherche d’un navire pour sauver le reste de son équipage.

Enfin, le 30 août 1916, à bord du Yelcho, un bateau à vapeur du Chili, Shackleton atteint l’île et sauve les 22 hommes restants.

Certes, Shackleton était loin d’être parfait. Dans son expédition, il a fait plusieurs erreurs de jugement, sans tenir compte parfois des avis qui lui étaient donnés. Mais le comportement de Shackleton s’évalue à la lumière de son engagement après que l’Endurance a été piégée et de sa volonté farouche de ramener son équipage en Angleterre.

L’engagement du chef dans cette mission a été critique : L’équipage de Shackleton savait que quoi qu’il leur arrive sur la banquise, leur chef aurait tout donné pour les ramener chez eux en vie. Il assumait pleinement sa responsabilité. C’est ainsi que la majorité d’entre eux lui donnèrent leur engagement en retour.

A bien des égards, Shackleton peut nous servir de modèle : son expédition, au regard de ses objectifs initiaux est un monstrueux échec : il n’atteindra jamais l’Antarctique et le pôle Sud. Mais qu’importe finalement. Au regard des nouvelles conditions qu’on lui imposait, il a su définir cette seconde mission tout aussi importante que la première et qui fut un véritable succès : il ramena chez eux sains et saufs ses 28 membres d’équipage.

Grâce à son énergie et sa ténacité, grâce à sa rigueur, à la place qu’il a tenue coûte que coûte, grâce à son adaptabilité et son dévouement, il a fait preuve d’un leadership hors du commun.

D’après un article de Nancy F. Koehn, historienne et professeur à Harvard Business School.


English:


From the beginning of the 20th century, Ernest Shackleton gives us a lesson in leadership

1914 - 1916: Ernest Shackleton and his crew will experience an incredible epic. Leaving to cross the Antarctic and join the South Pole, they will be caught in the ice and live almost two years in extreme conditions. The courage and determination of these men, and especially their captain, will allow them to return home safely. In today's world of financial, economic, political and social turmoil, where change and transformation are becoming the norm, Ernest Shackleton is emerging as a model of leadership."True leaders help others to see beyond themselves and to excel." To overcome their fears, their blockages. To exceed their comfort zone. Towards an objective or direction that motivates them, brings them together, animates them, gives them energy. To make them aware of the means available to them. "True leaders adapt." They know how to reinvent themselves and reinvent their mission, their goals when they have no other choice. As such, Shackleton is an exemplary leader ...In August 1914, Shackleton and his crew sailed aboard the Endurance for an extraordinary adventure: cross the Antarctic and join the South Pole. But arrived at the edge of the continent, nothing happens as expected: their boat is quickly trapped in the packed ice. Shackleton realizes then that his men will have to overcome the rigors of the polar winter in the cramped quarters of the Endurance.Inactivity, boredom and despair are the real enemies. Much more than ice and cold. Shackleton understood that. He strictly organizes the daily tasks of his men to keep them busy: cleaning bridges, field studies, hunting seals and penguins to fight against scurvy. He insists that men discuss, exchange, share to help each other

He manages to keep pace and hope in this environment where lassitude and fear lie in wait.The days become weeks and weeks become months. In June 1915, at the height of the winter, the boat shows worrying signs of weakness under the pressure of the ice and a few months later the water begins to enter the ship. Shackleton then orders his men to abandon the ship and build a makeshift camp on the ice floe. Shortly after, Endurance is crushed and sinks.The next day, Shackleton announces their new goal: "It's time to go home." He writes in his diary "A man must adapt to his new goal as soon as the old one disappears. I pray God to bring everyone back to civilization."Shackleton realizes that he must "embody" the new mission. Not only in his words and his actions, but also in his attitude and in the energy he releases. It is not only to set an example: it is also to give one's men the capacity to believe in this new mission, to believe in its result. He knows that it is his own courage, his own confidence that infuses their equivalents with his men, allowing them to always look forward.And just as important, he improvises: he adapts and uses all the resources around him to advance step by step, regardless of the length of the step. In April 1916, the ice finally begins to break. Shackleton then orders his men to take the lifeboats in hopes of reaching the land along the tip of the Antarctic peninsula. After a week of raging seas, they arrive at the desert Elephant Island. They are exhausted, sick and dehydrated, but "happy like kids" as a scientist writes in his journal: they have not set foot on dry land since December 5, 1914.But Shackleton does not want to hang out. With five other men, he managed to return to South Georgia Island with a small boat. He then crosses the island on foot in extreme conditions and joins the whaling station for help. He immediately sets out to find a ship to save the rest of his crew.

Finally, on August 30, 1916, aboard the Yelcho, a Steamboat from Chile, Shackleton reached the island and rescued the remaining 22 men.Certainly, Shackleton was far from perfect. In his expedition, he made several errors of judgment, sometimes ignoring the advice given to him. But Shackleton's behavior is assessed in light of his commitment after Endurance was trapped and his fierce determination to bring his crew back to England.The chief's commitment to this mission was critical: Shackleton's crew knew that whatever happened to them on the pack floe, their leader would have given everything to bring them back home alive. He assumed full responsibility. Thus, the majority of them gave him their full commitment in return. In many ways, Shackleton can serve as a model: his expedition, in view of its initial objectives, is a monstrous failure: it will never reach Antarctica and the South Pole. But what does it matter? Given the new conditions imposed on him, he was able to define this second mission just as important as the first and was a real success: he brought home safely his 28 crew members.Thanks to his energy and tenacity, thanks to his rigor, to the place he held at all costs, thanks to his adaptability and dedication, he showed extraordinary leadership.

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